« 5 juillet 1842 » [source : BnF, Mss, NAF 16349, f. 213-214], transcr. Ophélie Marien, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12127, page consultée le 25 janvier 2026.
5 juillet [1842], mardi matin, 10 h.
Bonjour mon cher cher adoré. Comment va ta pauvre petite main ? Comment notre petit
garçon a-t-il passé la nuit, mon bien-aimé adoré ? Je donnerais de ma vie autant qu’on
en voudrait pour que vous soyez guéris tous les deux ce matin, mes pauvres anges
bien-aimés. Je suis tourmentée mon pauvre petit homme au-delà de ce que je puis dire,
de ce redoublement d’enflure d’hier. S’il faut que tu aies fait encore quelque
imprudence cette nuit, il n’y a pas de raison pour que cette pauvre main ne devienne
pas très sérieusement malade. D’y penser j’en ai le cœur serré. Mon cher bien-aimé
adoré, aie le courage de ne rienfaire pendant deux ou trois jours et tu verras que ta main
guérira comme par enchantement. Je t’en prie, mon pauvre adoré, pour toi qui éternise
ta souffrance et pour moi que cela rend la plus malheureuse des femmes.
Je n’ai
pas besoin de te dire si je désire savoir de tes nouvelles et que mon impatience égale
mon inquiétude, tu le devines bien, n’est-ce pas ? Tâche de venir le plus tôt possible
me consoler et me tranquilliser. Je crois que la marche excessive est contraire à
l’enflure de ta main, mon chéri, tu ferais peut-être bien de ne pas trop marcher.
Ne
va pas à l’académie aujourd’hui, s’il y en a, je t’assure que ce ne serait pas
prudent. Enfin mon pauvre adoré, prends toutes les précautions nécessaires pour ne
pas
prolonger ni augmenter ton mal et mon tourment. Je baise tes petits pieds.
Juliette
« 5 juillet 1842 » [source : BnF, Mss, NAF 16349, f. 215-216], transcr. Ophélie Marien, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12127, page consultée le 25 janvier 2026.
5 juillet [1842], mardi après-midi, 2 h. ½
Je suis bien en peine, mon bon adoré, de savoir comment va ta main, comment vous avez passé la nuit tous les deux, mes chers petits bonshommes. Vous seriez bien gentil, mon pauvre petit manchot, de venir me tirer d’inquiétude et comme je le demande au bon Dieu, et comme je l’espère vous allez mieux tous les deux. Je te priais ce matin de ne pas aller à l’académie, mon Toto chéri, parce que je suis persuadée qu’une trop longue marche, avec la main dans l’état où tu l’avais hier au soir, ne peut que te faire beaucoup de mal et redoubler ton enflure. Je t’en prie de nouveau, mon bien-aimé, ne marche pas trop, ne va pas à cette boutique aujourd’hui. Tu iras un autre jour, pardi, ce n’est pas une affaire plus importante que ta guérison. Jourdain le tapissier vient de venir. Je lui ai dit que je lui écrirais le jour où il pourrait venir chercher l’argent du lit en fer qu’il a fait fournir. Maintenant, mon cher amour, je voudrais savoir comment tu vas. Ne tarde pas trop à venir. Et puis mon adoré quand tu liras cette lettre la nuit prochaine si tu ne souffres pas trop, si mon petit garçon1 n’a pas besoin de toi, viens te reposer dans mes bras. Je serai la plus heureuse des femmes.
Juliette
1 François-Victor Hugo est convalescent.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
son père adoptif, l’oncle René-Henry Drouet, meurt hospitalisé aux Invalides.>.
- 12 et 28 janvierLe Rhin.
- Août-octobreVillégiature à Saint-Prix.
- 23 novembreMort de René-Henry Drouet, l’oncle de Juliette, hospitalisé aux Invalides.
